Lundi 7 mai 2007

Axelle Boulanger, 24 ans, chef d’entreprise à Marcq-en-Baroeul

La beauté à domicile


Axelle Boulanger a créé son entreprise d’esthétisme à domicile. Comme beaucoup de jeunes chefs d'entreprise, cette grande blonde a parfois du mal à boucler ses fins de mois. Depuis sept mois, elle travaille pour rembourser ses prêts. Malgré tout, son ambition et sa soif de réussite lui donnent envie de continuer.

 

Ambitieuse : 24 ans et déjà chef d’entreprise. C’est le défi que s’est lancée Axelle Boulanger, esthéticienne à domicile depuis sept mois à Marcq-en-Baroeul.
Cette décision, elle l’a prise un mardi matin, en claquant la porte du salon où elle travaillait depuis neuf mois : « J’ai été dégoûtée du travail en Institut. J’avais l’impression d’être en prison. On ne rigole pas. C’est l’usine. On n’a pas du tout la même relation avec les clientes en institut qu’à domicile. C’est plus intime chez la cliente. Elle est souvent plus à l’aise. » Mais ce qui l’a écœurée, c’est l’absence de récompense. « J’ai doublé le chiffre d’affaire de ma patronne et je n’ai jamais eu de prime. De plus, être salarié c’est de l’exploitation. Elle me payait au Smic, 950 € net. Après un ras-le-bol général, j’ai démissionné. Puis, j’ai dit à mon père : je veux être ma propre patronne», raconte-t-elle.
La  décision est prise. Elle se lance dans la grande aventure. Créer sa "boîte". Jeannine, sa maman, croit en elle. « C’est la première de mes trois enfants. Axelle a toujours eu cette ambition. Elle n’a jamais eu  peur de se lancer. » Même si elle a toujours voulu faire de l’esthétisme « c’était ma vocation », insiste elle ses parents n’étaient pas séduit par cette idée. « Ils préféraient que je fasse médecine.  Mais la vue du sang me fait tourner de l’œil. » (Rires)
Passionnée d’esthétisme depuis son enfance, elle ne voulait pas exercer un autre métier. « J’ai longuement discuté avec mon père en lui expliquant que je voulais à terme créer mon entreprise. Il a été séduit par cette idée. J’ai alors fait un BTS d’esthétisme après mon bac scientifique. » Ce métier lui va bien. « Toute petite, elle était déjà coquette. Elle ne s’est jamais laissée aller. » Du haut de ces 1 m 72 et ses 56 kilos, Axelle l’avoue : « Je fais beaucoup de sport et j’essaie de manger sainement. Quand on exerce le métier d’esthéticienne, il faut prendre soin de soi. Mais je regrette quand même les clichés de ce métier. Je prends soin de moi, certes, mais je n’ai pas envie d’être superficielle ! »
Mi-juillet, elle commence ses démarches pour créer “Axelle esthétique”. « Du courage, de l’ambition et de la motivation », sont les qualités à avoir pour monter son affaire, selon sa mère. « Si son père n’avait pas été derrière elle pour l’épauler, elle ne s’en serait jamais sortie toute seule. La charge administrative est beaucoup trop lourde. » Axelle le confirme : « Mon père est expert-comptable. Même lui commence en avoir marre de cette surcharge de papiers. »
Cette grande blonde aux yeux bleus organise son emploi du temps de l’été entre les rendez-vous à la Chambre des commerces, sa formation de trois semaines, la rencontre des banquiers et l’Urssaf. « J’ai eu des difficultés à obtenir mon prêt. Si je n’avais pas eu la chance d’avoir un père avec une bonne situation, je n’aurais jamais pu créer “Axelle esthétique”. » Le plus dur est fait ? Pas tout à fait. Après sept mois d’activité, Axelle ne peut toujours pas se payer. « Je dois travailler en tant qu’hôtesse à côté. Ce sont ces 200 €qui me permettent de manger. L’argent de mes clientes me sert à rembourser mes prêts, acheter mes produits et mettre de côté de l’argent pour payer les charges l’année prochaine. » Axelle a moins de 25 ans. Elle a pu bénéficier d’une exonération de charges la première année de création. Difficile de tenir, certes. Mais, Axelle n’est toujours pas découragée malgré cette précarité passagère. Elle veut continuer. D’ailleurs, pour pouvoir le faire, la banque lui a accordé un second prêt. « Je vis avec mon petit ami. Il est pompier et formateur aux premiers secours. Pour le moment, nous vivons avec son salaire. »
Le stress, Axelle ne connaît pas. « J’aime ma situation. J’ai une cliente en phase terminale. Je lui fais des soins du visage et des massages. Elle se sent bien et oublie un moment sa maladie. Le bien-être que je lui apporte est une satisfaction. C’était mon envie de faire des services à la personne. » Le soir, quand elle rentre chez elle, elle retrouve ses chiens préférés, les Carlins.
« Ce sont des chiens affectueux et adorables. J’adore me poser dans mon canapé et leur faire des papouilles. Ça me détend. Plus tard, j’aimerais faire un élevage. En fait, j’ai envie de faire plein de choses ! »
Axelle esthétique : 06 13 18 50 85.

Virginie Maillard

 

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Dimanche 24 décembre 2006
Les différents mouvements musulmans et leurs présidents

L'Islam en France

Schéma créé par Virginie Maillard
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Samedi 23 décembre 2006

Lille : Lycée Averroès, le premier privé de France

Que propose-t-il ?

Averroès a été le premier lycée d’enseignement privé musulman créé en France métropolitaine. Amar Lasfar, le recteur de la mosquée de Lille-Sud en est l’initiateur.
En 1994, une vingtaine de jeunes filles musulmanes se fait expulser du lycée Faidherbe de Lille pour avoir refusé d’enlever leur hijab (foulard islamique) au sein de l’établissement scolaire. Elles sont prises en main par la Mosquée de Lille-Sud qui réussit à les conduire au baccalauréat avec 50% de taux de réussite.
Le projet du lycée Averroès naît. Les jeunes qui le souhaitent pourront venir à l’école vêtus du hijab. Les classes sont installées à l’étage de la mosquée. Après huit ans de préparation et trois refus successifs, il ouvre enfin ses portes en septembre 2003.
15 élèves et 12 professeurs inaugurent les lieux.
Aujourd’hui, le lycée compte un peu plus de 70 élèves et 22 professeurs. Les frais de scolarité sont d’environ 1.000 €.
L’établissement, reconnu par l’Etat, est ouvert à tout le monde. Seules différences : quatre heures d’arabe et civilisations musulmanes sont enseignées par semaine. Ce sont des options facultatives. La cantine du lycée est hallal.

Virginie Maillard
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Samedi 23 décembre 2006
 
   Franck Frégosi, chercheur au CNRS

 

« C’est une énième tentative »

 

« Un projet parmi d’autres », c’est ce que martèle Franck Frégosi, chercheur au CNRS. Spécialiste de l’Islam, ce chercheur reste sceptique sur  la laïcité de l’Institut Avicenne.
Toutefois, il fait partie du Conseil Scientifique de l’établissement. Il sera donc chargé, avec d’autres spécialistes, de déterminer le contenu du programme d’études.

Que pensez-vous de l’ouverture de l’Institut d’Avicenne ?

Franck Frégosi : « C’est une énième tentative ! Il existe déjà la même chose à Saint-Ouen ou dans la Nièvre. Le projet reste orienté vers la pensée islamique. Toutefois, pour le moment, on ne peut pas juger. Nous n’avons aucun recul. Malgré tout c’est une idée intéressante. Plus il y aura d’initiative et mieux c’est. »

 

Mohamed Béchari défend l’idée que cet Institut est laïc. Qu’en pensez-vous ?
F.F. : « Déjà, aujourd’hui, le mot laïc est utilisé à toutes les sauces ! Par ailleurs, Avicenne* ce n’est pas neutre. L’Institut va dispenser des matières religieuses. Je ne pense pas que l’établissement puisse se prétendre sans convictions religieuses. »

Quelle formation proposez-vous pour les cadres religieux musulmans ?
F.F. : « En introduction, rappelons que moins de 20% des Imams ont la nationalité française. Et la plupart d’entre eux, venus de Turquie et d’Algérie, ne parlent pas français. Pour stopper ces « flux d’importation » on pourrait développer un enseignement supérieur musulman. Le statut de ces établissements d’enseignement supérieur peut être public, à l’image des filières théologiques de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, ou privé, comme l’institut catholique de Paris ou encore l’institut protestant de Paris. Leur formation initiale ou continue, devra privilégier le pluralisme théologique. Cette formation pourrait se faire par le biais de partenariats avec les grandes universités étrangères musulmanes. Un cursus complémentaire permettrait aux imams en poste de se familiariser avec les usages français. »

Propos recueillis par Virginie Maillard


* : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du
X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.

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Samedi 23 décembre 2006

Mairie de Lille : Jérôme Hesse directeur du cabinet du maire

« C’est un beau projet »

« La mairie de Lille ne soutient pas financièrement le projet de Mohamed Béchari », lance Jérôme Hesse, directeur du service économique, social et emploi à la mairie de Lille. Il a suivi le dossier de l’Institut d’Avicenne*.

Quel rôle a joué la mairie de Lille dans la création de l’Institut d’Avicenne ?
Jérôme Hesse 
: Monsieur Béchari est venu parler de son projet à Martine Aubry. C’était intéressant de créer un tel équipement à Lille. C’est un beau projet. Nous avons réfléchi aux locaux que la ville pourrait louer à l’Institut. Comme l’ESJ (Ecole Supérieur de Journalisme) n’utilisait plus les bâtiments nous les avons proposés à Monsieur Béchari.

Combien allez-vous louer les locaux ?
J.H. :
C’est pour le moment impossible à déterminer. Nous avons mis en place une convention d’occupation temporaire et nous allons souscrire un bail de longue durée. Il peut s’échelonner de 10 à 50 ans. Mais, à mon avis, il ne dépassera pas quinze ans. Pour déterminer le prix du loyer, on prendra en charge les travaux qui ont été fait. Selon leur montant, la somme va varier.

Est-ce que la mairie de Lille finance le projet ?
J.H. :
Non, la mairie n’apporte pas de soutien financier. Il n’y a pas non plus de partenariat. Cet établissement n’entre pas dans le cadre des financements. 
Mais peut-être qu’un jour nous ferons un partenariat avec l’Institut Avicenne comme nous le faisons avec la Catho.

Propos recueillis par Virginie Maillard

* : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.

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Samedi 23 décembre 2006
  • Daniel Deloit, directeur de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille

« Pas de partenariat de prévu »

Après avoir déménagé ses derniers cartons, il y a un an, Daniel Deloit, directeur de l’ESJ, et son équipe regardent l’installation de leurs nouveaux voisins : l’Institut Avicenne*. Pour le moment, les deux directeurs n’ont pas prévu de partenariat.


Avez-vous vendu les locaux derrière l’ESJ à Mohamed Béchari ?

Daniel Deloit : « Non puisqu’ils n’appartiennent pas à l’école mais à la mairie de Lille, tout comme les locaux où se trouve l’ESJ. Nous ne sommes propriétaires d’aucun bâtiment. »

 
Est-ce-que l’ESJ a passé un partenariat avec l’Institut Avicenne ?
D.D. : « Non rien n’est prévu. Pas de partenariat ni de convention. Pour le moment, nous avons de bons rapports de voisinage.
Mais, dans l’avenir, pourquoi ne pas faire intervenir un professeur de théologie en conférence à l’ESJ ? Des professeurs de la Catho donnent bien des cours.
Par ailleurs, la diversité culturelle est au cœur des débats. Nous avons intérêt à mieux nous connaître. »

Propos recueillis par Virginie Maillard

* : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.

 

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Samedi 23 décembre 2006

Analyse

Les visages de Mohamed Béchari


Malgré un enthousiasme général, la création de l’Institut Avicenne* et la personnalité de Mohamed Béchari soulèvent un débat.


Mohamed Béchari et les fonds. Lorsque l’on commence à aborder le thème du financement, le président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) est plus confus dans ses propos. Aucun chiffre n’est fourni. D’où viennent les fonds ? De la fondation des œuvres de l’islam ? De dons et de subventions ? Ou encore de financements publiques ? Les mauvaises langues diront plutôt du Qatar… « Pourquoi pas ? », phrase fétiche de Mohamed Béchari.

Mohamed Béchari et sa vive polémique. En 2003, deux journalistes français (Christian Chesnot et Georges Malbrunot) sont enlevés en Irak. Mohamed Béchari déclanche une vive polémique lorsqu’il s’envole pour le Qatar. Possédant ses entrées dans les milieux proches islamistes, il rencontre Abassi Madani, le chef historique du Front islamique du Salut (FIS), mouvement islamiste algérien dissout en 1992, qui vit en exil dans le pays. Il s’affiche avec cet ancien chef, bras dessus bras dessous, devant les journalistes (voir photo ci-dessus). Son comportement provoque la colère de Dalil Boubakeur (président du CFCM et pro-algérien) et le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

Mohamed Béchari et la laïcité. « Mais qu’est-ce que c’est ? », s’interroge-t-il. En avril 2005, il devient membre permanent de l’académie du Fiqh. Elle réunit des scientifiques et des intellectuels qui ont un objectif : examiner les problèmes de la vie moderne d’un point de vue islamique. Bien sûr, ils doivent les résoudre par l’application de la Charia (loi canonique de l’Islam).

Mohamed Béchari et la justice. Malversations douteuses au sein de la FNMF (Fédération Nationale des Musulmans de France) ? Suspendu de son poste de président en octobre 2005, Mohamed Béchari est assigné en justice par le conseil d’administration de son parti. Mais, rien à dire, il est lavé des accusations de malversations administratives…

Mohamed Béchari et l'histoire des caricatures. Liberté d’expression, pas question quand il s’agit du Prophète. Février 2006, France Soir publie les caricatures du prophète paru dans le journal Danois. Mohamed Béchari est « d’accord sur le principe d’expression… mais une liberté ne permet pas tout. Il existe des limites à cette liberté… », c’est ce que l’on pouvait lire sur son blog. Pas de poursuite pour France Soir mais il ne faut que ça se reproduise ! Intimider et menacer les magazines qui voudraient faire pareil ? Le CFCM, dont il est le vice-président, et l’Union des Organisations Islamique de France (UOIF), association appartenant à la mouvance des Frères Musulmans, tentent d’interdire à Charlie Hebdo de publier ces caricatures. Ils saisissent alors, en référé, le tribunal de Paris. Verdict : demande rejetée pour vice de forme.

Mohamed Béchari et la politique. Un institut pour faire gagner la gauche en 2007 ? Pourquoi pas ! En septembre dernier, une crise secoue le CFCM. Par le biais de l’élection du nouveau bureau exécutif, on écarte Mohamed Béchari, trop proche des socialistes. Le CFCM et l’UOIF sont des pro-Sarkozistes. Que vont voter les musulmans lillois à la prochaine élection présidentielle ? Propulser Béchari, permettrai, peut-être, aux socialistes de reprendre le contrôle du vote musulman en région lilloise et donc d’affaiblir l’importante influence d’Amar Lasfar, imam UOIF de la mosquée Lille-Sud, pro-Sarkozy.
 
 
 
Virginie Maillard

 

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Samedi 23 décembre 2006

Mohamed Louizi, étudiant à l’Institut Avicenne

En quête de vérité

Mohamed Louizi est étudiant de l’Institut Avicenne*. Comprendre et appliquer au mieux le Coran, c’est la motivation de son inscription.

11h17, mardi 14 novembre, Mohamed Louizi, pratiquant musulman, vient de remplir son dossier d’inscription.
Le 25 novembre, il a fait sa rentrée universitaire à l’Institut Avicenne des Sciences Humaines. Diplômé d’une maîtrise d’électro-technique, ce grand brun aux cheveux noirs est enseignant de mathématiques à Tourcoing. En parallèle, il prépare son concours de titularisation.
En quête de vérité ? « Tout à fait ! Très souvent, dans la vie quotidienne je suis face à des incohérences vis-à-vis du Coran. J’ai envie de les résoudre mais je ne sais pas comment m’y prendre », c’est l’interrogation qui hante ce jeune homme de 28 ans, marié et père de deux enfants. Depuis son arrivée en France, il réside à Villeneuve d’Ascq.
Malgré un emploi du temps bien rempli, l'étudiant a décidé de suivre les cours du soir. « J’ai des horaires adaptables, je peux concilier mon travail et cette formation », précise-t-il.
Pourquoi venir à Avicenne ? « Depuis des années, je recherche à inscrire ma démarche. En effet, il y a souvent un écart entre la pratique de l’Islam et l’écrit du Coran. Une question me hante : comment vivre un Islam dans son ensemble ? Malgré toutes mes recherches, il me manque les racines de la religion », explique le professeur de maths.
La thèse de référence et l’interprétation fidèle du Coran, voilà ce qui pousse la majorité des étudiants à s’inscrire à Avicenne. « Beaucoup d'entre eux ont envie de connaître ce qu’est réellement l’Islam », lance la secrétaire de l’école.

« Comment dois-je traduire ? »

Mohamed Louizi est aussi souvent confronté à des incompréhensions. Tout ce qui touche à la condition féminine et au port du voile islamique. Il ne sait pas vraiment qui a raison et qui à tort. « Une chose me chagrine, dans le Coran il n’a jamais été écrit que la femme devait porter le voile. Le livre sacré parle des principes d’habillement. On ne peut pas mettre n’importe quoi. OK.  Il faut que la tenue soit esthétique, symbolique et pratique. Mais comment dois-je traduire cette phrase ? Le Coran préconise à la femme de cacher son buste, c’est-à-dire d’éviter de porter des décolletés. Certes, mais alors pourquoi porte-t-elle un voile ? De même, un peu plus loin, le Coran dit : il faut garder une certaine pudeur. Comment je traduis cette pudeur dans la vie de tous les jours ? », s'interroge le futur élève.
Dans une semaine, l’étudiant sera sur les bancs de l’école. En attendant d’avoir les réponses à ses questions, Mohamed Louizi se rend à la mosquée tous les vendredis soirs pour la prière.
« J’aimerais acquérir la terminologie du Coran », c’est ce qui l’attend de l’Institut.

Virginie Maillard

 

* : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.

 

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Samedi 23 décembre 2006
 

Lille : Ouverture de l’Institut Avicenne des Sciences Humaines

   
« Inculquer un Islam de France »

L’Institut Avicenne* a ouvert ses portes le 25 novembre. Cet établissement laïc est installé au centre-ville de Lille. Il formera, entre autres, les cadres religieux à un Islam de France. Mohamed Béchari, son fondateur, présente cet Institut.

 
« C’est à l’Etat de faire ce type d’institut. Ce n’est pas à moi ! », annonce Mohamed Béchari, fondateur de l’Institut Avicenne des Sciences Humaines (IASH) et président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF).

Placé à quelques pas de l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ), l’établissement supérieur privé a ouvert ses portes le 25 novembre en présence d'une cinquantaine d’élèves. Mohamed Béchari détaille son projet laïc. 

Pourquoi avoir implanté l’Institut Avicenne à Lille ?
Mohamed Béchari :
Et pourquoi pas ? (Rires)
Déjà, nous sommes dans l’ère de la décentralisation. Il n’y avait pas beaucoup d’intérêt de créer cet Institut à Paris puisqu’il existe déjà quatre structures un peu près équivalentes. Et puis, à Lille, je suis des querelles parisiennes !
D’autre part, la ville bénéficie d’une situation géographique privilégiée. C’est un carrefour européen. Nous sommes à trois heures d’Amsterdam. De plus, elle  a été désignée Capitale Européenne de la Culture en 2004, c’est une fabuleuse opportunité pour démontrer le pluralisme culturel. Le Nord accueille une forte communauté musulmane. À Lille, il y a un certain climat favorable pour connaître l’autre. De plus, Martine Aubry, m’a apporté un bon soutien pour réaliser mon projet.

Enfin, je suis un enfant de la région. Je suis originaire de Maubeuge.

À quel moment est née cette idée ?
M.B. :
L’idée de créer cet Institut ne date pas d’hier ! Plusieurs faits m’ont motivé. Déjà, la communauté internationale est inquiète sur l’association faite entre les musulmans et le terrorisme.
Puis, il y a aussi tous ces évènements de contestation comme la marche des Beurs en 1983, la polémique du foulard islamique en France en 2003, la guerre en Bosnie, les émeutes en banlieues,… Dans chacun de ces évènements, il y a deux interrogations qui reviennent constamment de la part des jeunes musulmans de France : qui sommes-nous ? Et vous êtes qui ? (en parlant de la population du Moyen-Orient). Chez cette deuxième ou troisième génération d’harkis, de beurs ou d’immigrés, il y a un problème d’identité. Malgré tout, il faut relativiser, la notion de Beurs est pratiquement disparue.
Par ailleurs, il y a aussi eu ces différents rapports comme la commission Stasi (ndrl : rapport de l’application du principe de laïcité, décembre 2003). Parmi les 71 propositions rédigées, l’une d’elles indiquait qu’il était urgent de créer un institut de formation musulman.

Un peu plus tard, c’est le rapport Machelon (ndrl : relation des cultes avec les pouvoirs publics, 20 septembre 2006) qui insiste sur la nécessité d’un institut de formation pour les cadres religieux musulmans.

 

Que propose l’Institut Avicenne ?
M.B. :
Déjà, son but est de contribuer au dialogue et à la coexistence des cultures occidentales et musulmanes. Trois activités sont mises en place.
La faculté de théologie pour former les imams ou les aumôniers. Il est très important d’éduquer ces cadres religieux. Plus de 90% des Imams qui prêchent en France ne maîtrisent pas le français. De plus, la plupart ne connaît pas la théologie musulmane. Ils faut leur inculquer un Islam de France, c’est-à-dire moderne et compatible avec les lois de la République.

Deuxième activité. Les cours universitaires généraux sont consacrés, pêle-mêle, au droit, à la sociologie de l’islam en Europe, aux institutions européennes, à la maîtrise de la langue arabe, à la calligraphie et aux beaux-arts.

Enfin, dernier volet de l’institut, les activités culturelles et de recherches. Je souhaite qu’Avicenne devienne un lieu de débat. Nous allons organiser toute l’année des colloques, des forums et des ateliers nationaux et internationaux. Et puis, dans l’avenir, l’établissement peut devenir un pont entre l’Europe et les pays musulmans.

 

 

Vous insistez sur la laïcité de ce projet. Mais le terme Avicenne annonce le contraire ?
M.B. :
Déjà, c’est quoi la laïcité ? Si ce terme signifie neutralité, alors il n’existe pas un seul concept laïc dans l’histoire !
Les enseignements ne sont pas confessionnels. Pour cela, il suffit de regarder la composition du Conseil Scientifique de l’Institut : il y a Monseigneur Gérard Defois, évêque de Lille, le pasteur Jean-Arnold de Clermond, président de la Fédération Protestante de France, Bernard Stasi, ancien ministre, et j’en passe !


Quel rôle a ce Conseil Scinetifique ?
M.B. : Ce conseil a un rôle pédagogique. Il est chargé de déterminer le contenu des différents programmes d’études mis en place au sein de l’Institut. C’est lui qui détermine le choix des enseignants. Il existe une grande mixité au sein de ce conseil !


Comment est financé l’Institut ?

M.B. :
Les ressources de l’institut proviennent de donateurs français et étrangers qui sont du domaine public ou privé.

Avez-vous eu un traitement de faveur de la part de Martine Aubry pour concrétiser votre projet  ?
M.B. : Pourquoi j’en aurai eu ? Parce que je suis proche de ses idées ! Non, je n’ai eu aucun traitement de faveur. J’ai monté mon dossier et je l’ai défendu, c’est tout.

Virginie Maillard

 * : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.


A savoir : Cet établissement s’inscrit dans le dispositif d’enseignement et de recherche européenne LMD (licence, master, doctorat). Il propose des formations initiales, continues et par correspondance. Elles s’étalent, selon le type, de quelques semaines à deux ans. Les coûts d’inscription sont gratuits la première année.

 

 

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Mardi 28 novembre 2006
Nouveau James Bond : Casino Royale




Mission accomplie James...

Film d’action pure, Casino Royale a tout pour plaire : voitures, explosions, folles poursuites et jolies comptables... Daniel Craig enfile le costume d’agent secret et Eva Green d’agent attachée au Trésor. Un couple à la fois explosif et romantique pour le plus grand plaisir des amoureux de Bond, James Bond.
 



Blond, les yeux bleus, pas de gadgets en main, amoureux transi de sa belle, voilà le nouveau 007 cuvée 2006.
Casino Royale de Martin Campbell, sortie le 22 novembre 2006, a surpris les fans de Bond. Déjà, le choix d’un blond aux yeux bleus n’en demeurait pas moins surprenant ! Pierce Brosnan, Sean Connery, pour les plus connus, étaient des bruns ténébreux. A la sortie de la salle, les spectateurs s’intérrogent : où sont passées ses blagues de fin de banquet et ses poches remplies de gadgets ? Ormis ce manque, il faut l’admettre, Daniel Craig a blufflé tout le monde.
L’atmosphère  de ce 21ème volet est comme d’habitude “So british”.  James Bond vient d’être nommé double zéro. Sa première mission,  provoquer Le Chiffre, banquier des terroristes, au cours d’une partie de poker. Bond doit le plumer pour le mettre en difficulté face à ses clients.  La tâche n'est pas si simple. Pour jouer, il faut de l'argent. Vesper Lynd, jouée par la sulfureuse brune aux yeux bleus Eva Green, attachée au Trésor, entre en scène avec grâce. Elle est chargée  d’accompagner 007 afin de veiller au bon devenir de l’argent. Bien sûr,  rien ne va se passer comme prévu...
Rebondissement peu commun pour un James Bond habituellement cynique, il tombe amoureux de la belle trésorière britannique. La romance que double zéro connaît dans Casino Royale le montre sous un jour plus humain et surtout plus vulnérable.
Une idylle entre 007 et l’agent du trésor, pourquoi pas ? Mais on s'ennuie ! Certaines critiques iront même jusqu’à reprocher la mièvrerie du passage. Le film aurait pu se passer des trop longues vacances de l’agent secret et de sa dulcinée.                       
Quand aux jeux d’acteur, épatants. Daniel Craig, dans le rôle de le costume de James est crédible. Il arrive à interpréter un Bond en début de carrière, tout en incluant les principaux traits de caractère de l’espion. Daniel Craig est le sixième acteur à se glisser dans la peau du célèbre agent secret. Il succède à Sean Connery, Roger Moore, George Lazenby, Timothy Dalton et Pierce Brosnan.
Son avenir est prometteur. L’acteur a signé pour au moins trois films. Le prochain, actuellement en cours d’écriture, sera une probable suite de Casino Royale.


Virginie Maillard
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Opinion

Le journalisme et moi


le journalisme multimédia.

Radio, TV, web et presse écrite, dans cette nouvelle ère multimédia qui se dessine, le journaliste se connecte à tous ces outils.

J'ai choisi, par envie, d'être journaliste multimédia. Je monte des podcasts : exemple un procès en diffamation vu d'une rédaction. Je crée un site Internet. Je participe à un journal citoyen, Lepost.fr, je passe du temps sur les forums pour mes pré-enquêtes et je m'informe par Internet gràce aux flux RSS de Netvibes (entre autre).

Mes thèmes d'écriture.

Les thématiques sur lesquelles j'ai des compétences plus spécifiques : social, entreprise, éducation, formation, emploi, chômage, bien-être, vie quotidienne et pratique, consommation, économie, politique, culture, droits des femmes, immobilier.

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